Le droit pénal constitue l’instrument le plus coercitif dont dispose l’État pour sanctionner les comportements portant atteinte à l’ordre social. Toutefois, sa légitimité ne peut exister sans un encadrement strict par la procédure pénale, garante des droits de la défense et d’un procès équitable.

Selon Maître Gérald Pandelon, l’usage croissant du droit pénal à des fins politiques, idéologiques ou médiatiques détourne sa vocation première. Il alerte contre une inflation législative qui, sous l’influence de l’émotion publique, compromet des principes fondamentaux tels que la présomption d’innocence, la légalité des délits et des peines, ou encore la proportionnalité des sanctions.

Il met également en garde contre la moralisation excessive du droit pénal, qui tend à punir des comportements davantage pour leur charge symbolique que pour leur dangerosité réelle, risquant ainsi de transformer la justice en instrument de pression sociale ou politique.

Dans ce contexte, la procédure pénale joue un rôle de contre-pouvoir essentiel. Elle permet de contrôler l’exercice de la puissance publique et assure l’équilibre du procès. Or, Maître Pandelon déplore un affaiblissement progressif des garanties procédurales : extension des pouvoirs du parquet, recours abusif à la détention provisoire, priorité donnée à la rapidité au détriment de la qualité de l’instruction.

Il plaide pour une justice pénale républicaine, mesurée, intelligible et strictement encadrée. Le juge doit rester un arbitre impartial, non le porte-voix d’un ordre moral ou d’une idéologie. L’avocat pénaliste, quant à lui, incarne le dernier rempart des libertés face à l’autorité répressive.

Un droit pénal fort n’est légitime que s’il demeure exceptionnel, maîtrisé et respectueux des procédures. Sans cela, l’État de droit s’efface au profit de l’arbitraire.

 

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