Avocat, docteur en droit et essayiste, Maître Gérald Pandelon propose une lecture critique et lucide du droit international contemporain, en particulier dans ses interactions avec les mécanismes d’arbitrage international. Pour lui, le droit international ne se résume pas à un idéal juridique universel : il reflète aussi des rapports de force géopolitiques, économiques et idéologiques.
Dans ce cadre, l’arbitrage international – qu’il soit commercial ou relatif aux investissements – soulève des enjeux majeurs en matière de souveraineté, de transparence et d’équité. Si l’arbitrage est souvent vanté pour sa rapidité, sa souplesse procédurale et sa neutralité, Maître Pandelon souligne les dérives possibles d’un système qui, dans certains cas, fait primer les intérêts privés sur les décisions publiques.
Il s’inquiète notamment du recours à des tribunaux arbitraux par certaines entreprises multinationales pour contester des lois ou des mesures d’intérêt général adoptées par des États, par exemple en matière de santé publique, d’environnement ou de fiscalité. Ces mécanismes, comme les clauses ISDS (Investor-State Dispute Settlement), peuvent conduire à un affaiblissement du pouvoir normatif des États, au profit d’acteurs économiques bénéficiant d’une justice parallèle, souvent moins transparente que les juridictions nationales.
Maître Pandelon plaide donc pour une réforme équilibrée de l’arbitrage international, qui préserverait ses avantages pratiques tout en renforçant les garanties fondamentales : impartialité des arbitres, publicité des décisions, respect des normes d’ordre public et meilleure articulation avec les systèmes judiciaires nationaux.
Plus largement, il appelle à replacer le droit international dans une logique de coopération entre États, au service de l’intérêt général et de la justice, et non comme un outil technique au service exclusif de logiques commerciales. Dans sa vision, le droit international doit rester un espace de régulation équilibrée, et non devenir un vecteur de déséquilibres au détriment de la souveraineté démocratique.